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En 2015, il disait: le gouvernement a décidé de revoir le nombre de délits routiers sérieux, dont l’accumulation est passible d’une suspension voire de l’annulation d’un permis de conduire

Après avoir aboli le permis à points, le gouvernement propose la suspension du permis une fois qu’un automobiliste aura dépassé les six pénalités

Ce sera plutôt embarrant de venir réintroduire le permis à points. Le permis à points n’était pas populaire, en proposant de l’abolir, l’alliance Lepep avait marqué des points. Et pourtant, l’introduction du permis à points, le 10 mai 2013 et la multiplication des radars automatiques sur l’île ont permis d’enrayer l’hécatombe routière de ces dernières années sur l’île.  Ainsi, entre le 10 mai 2012, et le 5 mai 2013, 166 personnes avaient trouvé la mort dans 148 accidents meurtriers.

Selon les chiffres communiqués par la police, entre 2013 et 2014 sur la même période de référence, ce sont 122 automobilistes et motocyclistes qui ont perdu la vie dans 112 accidents, soit une baisse de 24,3% du nombre d’accidents meurtriers et 26,5% en moins de tués sur les routes mauriciennes.

Depuis la mise en place du permis à points à l’île Maurice, ce sont aussi 38.420 automobilistes qui ont été sanctionnés par un retrait de point(s) sur leur permis après avoir commis une infraction au Code de la route, comme le rapporte le journal Le Mauricien.

 

Dommage que ceux qui ont travaillé et qui ont préparé ce projet, soient les mêmes qui l’ont aboli. Voilà ce qui se passe quand la politique prend la place de la raison et des experts deviennent des ‘yes-mans’ qui pour satisfaire leur maitre du jour, font fi à la logique et la raison.

 

En février 2015, le ministre des infrastructures publiques annonçait en grande pompe : « fini le permis à point. Adieu, le Driver’s Licence Counterpart. Pour Nando Bodha, il s’agit d’abord de faire disparaitre la perception selon laquelle le système d’amende actuel est injustement punitif et compliqué. Pour cela, le gouvernement a décidé de revoir le nombre de délits routiers sérieux, dont l’accumulation est passible d’une suspension voire de l’annulation d’un permis de conduire. Mais également d’enlever certains radars vus comme des « pièges » et de peindre restant dans une couleur phosphorescente susceptible d’attirer l’attention de loin.

 

Trois ans après le nombre de morts sur nos routes ne cessent d’accroître. Déjà pour ce début d’année, le nombre de morts sur nos routes est déjà 20. L’accident du motocycliste le lundi 19 février dernier, en fait la 8e victime d’accident fatal à moto depuis le début de l’année. Quelle que soit la raison, tout cela est triste. Bien sûr, les causes des accidents sont nombreuses, mais il y a beaucoup de négligence de la part des usagers de la route.

 

Le gouvernement ne sait plus que faire. Pour le lancement de la semaine de sécurité routière, le samedi 17 février dernier Pravind Jugnauth, Premier ministre, Nando Bodha, ministre des Infrastructures publiques, et sir Anerood Jugnauth, ministre mentor, abondent dans le même sens pour dire que la situation est inacceptable. On parle des opérations de coups de poing. « Il faudra une politique de zéro tolérance et être encore plus sévère pour renforcer la sécurité routière », a affirmé, sans équivoque, le ministre mentor.

 

Mais, ce qui est plus drôle, ce gouvernement qui a aboli le permis à points pour gagner des élections, vient aujourd’hui parler d’une série de propositions en vue de durcir la loi. Pravind Jugnauth suggère la suspension du permis de conduire une fois qu’un automobiliste aura dépassé les six pénalités. Le chef du gouvernement plaide également pour une augmentation importante du montant des amendes dans le cadre des infractions routières. Mais si ce n’est pas un système de permis à points qu’on propose c’est quoi .

Et, pourtant, le permis à 12 points est un permis de conduire qui permet de responsabiliser davantage le conducteur. En effet, avant son instauration, le possesseur du permis de conduire devait seulement payer une amende pour chaque infraction commise. Désormais, avec le permis à 12 points, la personne doit non seulement payer une amende, mais se voit aussi retirer des points sur son permis. À noter que le chiffre de points supprimés varie en fonction de la gravité de la faute.

 

 

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