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La République entachée. La femme de César ne doit pas être soupçonnée

Cette réponse que fit César, le grand Jules, lorsqu’il cherchait à justifier d’avoir répudié sans aucune preuve sa troisième épouse Pompéia, soupçonnée de relations illicites avec Clodius (). Du fait que son épouse, obligatoirement proche du pouvoir, était suspectée, il se devait donc de l’écarter, qu’elle soit réellement fautive ou pas.
Toujours est-il que si on appliquait cette règle dans notre république, il y aurait un sacré nettoyage chez nos politiques. Les personnalités et institutions doivent être intouchables même si elles sont accusées de quelque chose, mais qu’elles doivent être tellement irréprochables qu’aucun soupçon ne peut les entacher. Sinon, elles doivent être écartées ou destituées, avant même de savoir si les soupçons sont justifiés ou non.

Aujourd’hui, cette allégation contre la présidente, vraie ou fausse, est un embarras pour la République. Trop de jours se sont écoulés depuis que l’express a fait cette allégation concernant les folles dépenses d’Ameenah Gurib-Fakim. Le Planet Earth Institute (PEI) lui aurait, en effet, alloué une carte de crédit Platinum de la Barclays Bank. Pas d’action légale, pas de mise au point, pas de conférence. Mais elle a choisi de répondre par presses interposées.

Une réponse qui laisse pantois :  «J’ai constaté que des documents ont été publiés dans l’express. Je mets ce journal au défi d’établir l’authenticité de ces documents. J’accorde 24 heures à ce journal pour le faire. Je répondrai à toutes les questions seulement si l’express le fait», a déclaré Ameenah Gurib-Fakim.

Le Premier ministre n’a pas révélé la teneur de sa conversation avec la présidente durant la réunion hebdomadaire entre le Premier ministre et la présidente de la République du jeudi 1er mars.

Sans aucun doute, c’est une affaire qui embarrasse fortement l’Hôtel du gouvernement. Seul le Deputy Prime Minister et leader du Muvman Liberater (ML), Ivan Collendavelloo qui essaie de la défendre. « Je n’attache aucune crédibilité à un journal qui fricote avec des gens comme Rahim. Je trouve cela scandaleux qu’un journal dirigé par un ancien banquier de grande réputation publie un compte bancaire tout en mettant en péril l’économie ainsi que notre secteur financier. Ce n’est certainement pas ce journal qui entamera ma confiance en la présidente, a-t-il déclaré.

Si c’est motus et bouche cousue au niveau de la majorité, il n’empêche que cette affaire est considérée comme étant très sensible. Une éventuelle démission de la chef de l’État entacherait les célébrations du cinquantième anniversaire de l’Indépendance. Sauf que ce énième scandale impliquant la présidente semble être la goutte de trop. « Chacun doit assumer ses responsabilités et savoir quand il faut step down !» laisse-t-on échapper.  Connu pour son franc-parler, Showkutally Soodhun est catégorique : « Si ou fané ou payé.»

Shakeel Mohamed a déposé une motion de blâme au bureau de l’Assemblée nationale contre la présidente de la République. Le chef de file du Parti Travailliste au Parlement espère attirer l’opinion publique sur, je cite, « certaines pratiques des dirigeants du pays ».

Shakeel Mohammed espère également que la présidente de la République soumettra sa démission avant les célébrations du 50e anniversaire de l’Indépendance. « Cette motion n’est pas seulement pour attirer l’opinion de l’Assemblée nationale, mais aussi de tout le public » a-t-il déclaré. Tout laisse croire que tous les partis de l’opposition s’accordent à dire qu’Ameenah Gurib-Fakim doit démissionner. Aurore Perraud du Parti mauricien social-démocrate (PMSD) réclame la démission de la présidente de la République Ameenah Gurib-Fakim. « Elle est une honte pour le pays et pour la femme mauricienne ».

Ameenah Gurib-Fakim est une femme intellectuelle, une renommée scientifique. Elle a l’élocution facile. Mais l’affaire Alvaro Sobrinho risque de marquer sa présidence. Dommage pour la première fois, une femme occupe ce poste.

Pour rappel, la présidente avait été nommée au sein de Planet Earth Institute fin 2015. Elle y était vice-présidente et trustee de l’organisation. À noter que cette ONG avait été fondée et était présidée par le controversé homme d’affaires angolais Alvaro Sobrinho. En avril 2017, suite aux multiples polémiques entourant ce dernier, Ameenah Gurib-Fakim a démissionné de toutes les instances de cette organisation.

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