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Nouvelle-Zélande : le tueur de Christchurch condamné à une peine de prison à perpétuité

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« Vous avez commis des actes inhumains. Vous n’avez montré aucune pitié. Vous êtes non seulement un meurtrier, mais un terroriste », a déclaré, jeudi 27 août, le juge Cameron Mander, devant la Haute Cour de Christchurch, en condamnant Brenton Tarrant à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle. Reconnu coupable, en mars, de 92 chefs d’accusation pour acte terroriste, meurtres et tentatives de meurtre après la double attaque contre deux mosquées de la ville, le 15 mars 2019, qui avait coûté la vie à 51 personnes, le suprémaciste blanc sera le premier détenu, dans le pays, à passer l’intégralité de sa vie der­rière les barreaux. L’homme de 29 ans, amaigri dans son costume gris de prisonnier, n’a pas réagi à l’annonce du verdict qui a conclu les quatre jours de l’audience déterminée à fixer la durée de sa peine.

 « Vous avez reconnu que rien de bon ne venait de vos crimes (…). Vous dites que c’était odieux et irrationnel, mais il n’est pas évident que vous ayez vraiment des remords », a notamment souligné le juge, qui a noté son « absence de toute empathie » à l’égard des victimes. « Votre rejet récent de votre idéologie extrémiste nécessite de la circonspection », a-t-il ajouté. Interrogé par un psychiatre et un psychologue durant son incarcération, Brenton Tarrant n’avait d’abord montré aucun signe de regret. Puis il a changé d’attitude, affirmant qu’il se sentait ostracisé à l’époque, qu’il était dans un « état émotionnel toxique » et voulait nuire à la société par un acte de vengeance.

« La justice que nous espérions »

A l’issue des quatre jours d’audience, le juge Cameron Mander a souligné que derrière l’idéologie « tordue » de cet « homme mauvais » et « inhumain » se cachait une « profonde haine » qui l’a conduit à s’en prendre à des hommes, des femmes et des enfants sans défense.

« Vos crimes sont si cruels que même si vous êtes détenu jusqu’à votre mort, cela ne satisfera pas les besoins de sanctions », a affirmé M. Mander lors de l’énoncé de cette peine d’une sévérité sans précédent dans l’histoire du pays. Le magistrat a solennellement lu les noms des personnes assassinées au cours de ce carnage et raconté en détail la manière dont M. Tarrant a exécuté avec sang-froid les blessés, ignorant leurs appels à la pitié.

La première ministre, Jacinda Ardern, a aussitôt réagi, lui souhaitant une vie de « silence total et absolu ». « J’espère que c’est la dernière fois que nous avons à entendre ou à prononcer le nom du terroriste », a-t-elle ajouté.

La foule de musulmans et non-musulmans rassemblée devant le tribunal a de son côté laissé éclater sa joie. « C’est la justice que nous espérions », s’est félicité Gamal Fouda, imam de la mosquée Al-Nour, un des lieux de culte où M. Tarrant a tué des fidèles. « Cependant, aucune peine ne ramènera nos proches et nous resterons tristes jusqu’à la fin de nos jours », a-t-il souligné.

Colère et pardon

Pendant trois jours, 91 victimes sont venues témoigner à la demande de la cour. Souvent en sanglots, parfois dévorés par la colère, beaucoup ont choisi de s’adresser directement au « monstre » qui a fait de leur vie un champ de ruines et les regardait, impassible, depuis son box.

Certains ont regretté que la peine de mort n’existe pas en Nouvelle-Zélande

Sara Qasem, qui a perdu son père, un informaticien d’origine palestinienne, a laissé exploser sa colère, le regard planté dans celui du tueur. « Tout ceci n’aurait pas dû arriver. Vous avez fait un choix. Un choix de sang froid. Un choix conscient, bête, irresponsable, égoïste, abominable, odieux, diabolique », a martelé cette professeure des écoles, avant de rendre un vibrant hommage à son père, un « héros » abattu alors qu’il venait en aide à d’autres fidèles blessés. Beaucoup ont demandé à ce que Brenton Tarrant ne revoit jamais la lumière du jour, certains ont regretté que la peine de mort n’existe pas en Nouvelle-Zélande.

Janna Ezat, qui a reçu le corps de son fils dans un cercueil le jour de son anniversaire, a, quant à elle, décidé de lui pardonner, parce qu’elle n’a « pas de haine, pas de désir de revanche », parce que son fils « ne reviendra pas ». En face, l’auteur du massacre a réagi, finalement, en hochant la tête. La fille de Janna Ezat, Aya Al-Umari, dira ensuite au Guardian que sa mère a cru « qu’il avait ressenti quelque chose ».

Les victimes n’obtiendront rien d’autre de Brenton Tarrant mais, à leur sortie du tribunal, la plupart se sont dites soulagées par le verdict.

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