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Signes d’insurrection dans la capitale – Rama Valayden demande à la police de lever les restrictions 

C’était du jamais vu. Des véhicules blindés de l’armée  dans le périmètre de la rue Pope Henessy, des barricades érigées au niveau de l’église de la Cathédrale et un déploiement des différentes unités de la police en tenue commando dans tout le secteur de la New Court House.  L’impressionnant dispositif de sécurité était prévu à l’occasion de la comparution en ce jeudi 7 janvier du ministre Yogida Sawmynaden devant le tribunal de Port Louis.

Le ministre du Commerce répond d’une accusation provisoire d’avoir fourni de fausses informations à la Mauritius Revenue Authority (MRA) au sujet d’un emploi fictif de Constituency Clerk. Cela, à travers une Private Prosecution logée contre lui  par Shakuntala Kistnen  la veuve de Soopramanien Kistnen, l’ancien activiste du parti orange, le MSM, agé de 52 ans dont le corps a été retrouvé partiellement calciné dans un champ de cannes à Moka le 18 octobre dernier. L’homme, aurait été victime d’un homicide selon de nouvelles présomptions policières .

Dans un climat de haute tension par moments, surtout lorsque les personnes présentes – cent-cinquante environ au plus fort de la manif –  ont scandé des slogans contre le ministre Sawmynaden, réclamant sa démission. Deux personnes ont été arrêtées dans la matinée. Le premier est Didier Picon, un habitant de Terre Rouge qui est accusé d’avoir incité les manifestants  à forcer la barrière métallique séparant l’espace vert de l’église de la  Cathédrale et la route principale. L’homme a été autorisé à rentrer chez lui le même jour.

Une femme tient tête à la police et blesse un agent

La deuxieme personne interpellée par la police est une femme qui se tenait sans masque dans une restricted area en face de la New Court House. L’endroit où se déroulait la scène était réservé à la police, mais occupé également par les journalistes accrédités.    Elle  se livrait à des commentaires pour dénoncer les « abus » des autorités et  s’en prenait aussi au Premier ministre, Pravind Jugnauth qu’elle accusait de précipiter le pays dans le gouffre. Sommée à bouger, la femme a fait de la résistance  en affirmant qu’elle avait le droit de se tenir là où elle se trouvait. La police a du user de la force  contre Keshwanee Bundhoo.  Elle été évacuée manu-militari dans une voiture de police. Direction hôpital Jeetoo.

Keshwanee Bundhoo a décidé de porter plainte contre la police pour arrestation arbitraire. Un policier qui a participé à l’évacuation musclée de cette femme a porté plainte contre elle pour agression. Le policier a été blessé à la main.

Le fait du jour s’est  déroulé cependant à l’intérieur de la salle d’audience où cette fois le ministre Sawmynaden a été  prendre place tranquillement dans le box des accusés. Lors de sa première comparution dans la même affaire en décembre, il avait refusé de le faire. Il a donc dû  se plier cette fois au ruling de la magistrate Bibi Zeenat Cassamally permettant aux Avengers de chanter victoire une première fois à leur sortie du tribunal.

Une âpre bataille légale est attendue entre les avocats des deux parties en présence

Lorsque ces événements se déroulaient à l’extérieur sous un ciel de plomb, à l’intérieur de la cour de district, les hommes de loi dans les deux camps ont commence à s’ affronter sur un point de droit  bien précis. Une personne peut-elle loger une Provisional Private Prosecution contre une autre personne par voie de charge provisoire ? Le premier à se faire entendre a été Me Abdool Raheem Tajoodun le représentant du bureau du Directeur des Poursuites publiques. Celui-ci a notamment soutenu que la charge était inadmissible.

Le senior counsel Raouf Gulbul dont les servics ont été retenus par la partie défenderesse a abondé dans le même sens. L’avocat a notamment fait ressortir qu’un Private Provisional Prosecution n’existe pas en loi et que le ministre présent dans la salle d’audience  s’est présenté devant la magistrate en homme jouissant de sa totale liberté. La veuve Shakuntala Kistnen elle n’est pas habilitée de s’ériger en sheriff de la ville, a ironisé l’avocat.

On devra entendre la réplique de la poursuite le mardi 12 janvier date à laquelle les débats ont été ajournés. On s’attend à entendre Me Mes Sanjeev Teeluckdharry et Roshi Badhain pour les Avengers.  Affaire donc à suivre avec un éventuel deuxième ruling de la magistrate qui devra se prononcer effectivement sur la question de pertinence de l’acte d’accusation.

Comme une ville fortifié 

A l’occasion de la comparution du ministre Sawmynaden en cour,  la capitale avait pris l’allure d’une ville fortifiée avec la décision de la police de fermer à la circulation des artères principaux de la ville. Une mesure décriée en particulier par le manifestants eux-mêmes et par les  avocats qui agissent sous le nom des Avengers.

En début de la matinée, on a pu voir Bruneau Laurette le téléphone portable à la main battre le rappel de ses troupes, invitant les sympathisants à rejoindre le mouvement de protestation pour mener la lutte contre “la mafia incarnée par le pouvoir en place.” Le travailleur social dont l’action est apolitique a réclamé la démission du ministre Sawmynaden et celle du Premier ministre Pravind Jugnauth tout en déclarant qu’il ne ne se laissera pas intimider. C’est le bras levé qu’on l’a vu chauffer la foule. Celle-ci répondait  en poussant des cris hostiles en direction de la cour à des moment précis. Soit lorsqu’on croyait voir le ministre sortir de la cour.

Mesures de sécurité

Du côté des casernes centrales on expliquait la raison de ce déploiement en force de la police au fait que des informations sont parvenues aux autorités policières selon lesquelles des fauteurs de troubles seraient à l’œuvre. Puis il y a l’épisode de la dernière fois où les débordements ont été enregistrés.  Une expérience à évier à tout prix selon la police qui a donc pris des mesures appropriées de sécurité.

Rendez-vous donc à mardi prochain pour le prochain épisode de ce qui prend l’allure d’une saga à rebondissement. Voir plus loin la lettre adressée au commissaire de police par Rama Valayden qui lui demandé de revoir ses positon en ce qui cernes les restrictions en vigueur lors de la comparution en cour du minisre Sawmynaden. La police lachera-elle du leste ou alors les mesures de sécurité seront elles maintenues ?

Éminemment politique

Cette affaire qui défrayé l’actualité a un aspect légal, mais aussi éminemment politique. Parce qu’il s’agit d’un ministre qui bénéficie du soutient inconditionnel du Premier ministre lui-même. Dans un discours prononcé en décembre lors d’une réunion, Pravind Jugnauth a dit s’ être penché sur toute l’affaire et que son ministre du Commerce jouit de son entière confiance. Aussi que selon sa propre enquête  l’accusation portée contre Yogda Sawmhnaden  était sans fondemen. Puis il y a le ministre lui même qui  s’était muré dans le silence dans un premier temps et qui a décidé de parler pour dire qu’il était serein. A voir plus loin la déclaration du ministre.

Pour certains observateurs, on voit mal un premier ministre prendre un stand pareil s’il n’est pas sûr  de ce qu’il avance sous peine de voir les choses se retourner conre lui. Quelle carte maîtresse disposent le PM et son colistier dans la circonscription No8 ? On finira bien par le savoir.

Pour les autres, ceux qui se font appeler les Avengers , ce qui importe le plus c’est la recherche de la vérité. Mais déjà il semble pour ce groupe d’avocats parmi lesquels les ténors du barreau dont Rama Valayden rompu dans ce genre d’investigation  qu’il y a matière pour une instruction judiciaire contre le ministre et que les tentatives de cover-up soit évidentes. D’où la demande de démission immediate  de Yogida Sawminaden et du Premier ministre lui-même.

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